Le phare de l'Aéropostale

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Ce dessin réalisé par un élève de l'école communale d'Alzonne en 1946/47 montre, au point haut du village, une structure perchée sur un mât. Il s'agit d'un phare de la célèbre ligne de courrier aérien de l'Aéropostale, qui a fonctionné dans les années 1920/1930.

C'est Pierre-Georges Latécoère, un industriel toulousain, qui imagine au lendemain de la Première Guerre Mondiale, une ligne aérienne commerciale reliant la France au Sénégal en passant par l'Espagne et le Maroc. Cette ligne Toulouse-Dakar est dangereuse, les avions ont une autonomie limitée, ils tombent souvent en panne, sans compter le difficile survol des Pyrénées...ou les risques de capture des avions et des pilotes par les Maures dans le désert. Mais, « le courrier doit passer », et les pilotes accomplissent de véritables prouesses : Daurat, Mermoz, Saint-Exupéry, Guillaumet, acheminent le courrier, de jour comme de nuit. Pour guider les avions sur ce trajet, une ligne de phares est implantée. Chacun émettait une lettre du code morse : « z » (_ _ . .) pour Alzonne, « v » pour Castelnaudary, « r » pour Montferrand, « g » pour Baziège etc. Ces phares sont des pylônes métalliques de 8 m de hauteur environ, équipés d'une échelle, surmontés d'une plateforme supportant l'installation lumineuse. Les phares étaient allumés à la demande, en l'occurrence l'ordre était donné par l'aérodrome de Perpignan. Un habitant du village était chargé de procéder à l'allumage de la balise ; M. Desplas était le préposé pour Alzonne.

Désaffectés dans les années 40, la plupart ont été démolis. A proximité d'Alzonne, on peut encore voir ceux de Baziège, Montferrand, Lézignan, et Sallèles-d'Aude.