L’église

Les écrits les plus anciens sur l’église d’Alzonne la désignent comme « Notre-Dame du Mont-Soleil ». Aujourd’hui placée sous le vocable de l’Assomption de la Sainte-Vierge, elle a connu plusieurs remaniements au cours de l’histoire.

En 1355, durant la guerre de Cent Ans, l’église est brûlée par les troupes du Prince Noir qui ravage alors le pays dans ses « chevauchées ». Au milieu du XVIIIème siècle d’importants travaux modifient l’édifice : création de deux chapelles, aménagement des fonts baptismaux en marbre de Caunes, réfection du pavage de la nef. Vers 1924 l’abbé Rebelle fait construire une chapelle avec un autel à la mémoire des morts de la Grande Guerre. En 1946, des travaux de réparation du clocher sont entrepris ; mais, pendant l’hiver, un vent violent emporte la flèche qui va s’écraser sur le bâtiment de l’ancienne poste.

La toiture couverte d’ardoise n’est pas reconstruite. Le clocher renferme à l’heure actuelle quatre cloches dont deux sont inscrites à l’inventaire des Monuments Historiques.

Le Canal du Midi

La construction du Canal Royal du Languedoc débute en 1667 et va durer 14 ans. De Toulouse à l’étang de Thau, 254 km de canal sont creusés, à la pelle et à la pioche, selon les plans du biterrois Pierre-Paul Riquet ; la réussite du projet reposant sur le captage des eaux de la Montagne Noire pour alimenter le canal.

Plus de 300 ouvrages d’art émaillent le parcours, véritables chefs d’oeuvres d’ingéniérie : écluses, ponts, aqueducs, épanchoirs, déversoirs, ports…et même un tunnel ! En limite des communes d’Alzonne et Bram on peut voir l’aqueduc du Rébenty (photo), qui permet au canal du Midi de franchir le ruisseau du Rébenty : l’ouvrage, long de 25m, est constitué de 4 arches pour une hauteur totale de 6 m.

L’aménagement du canal ne s’est pas arrêté avec son inauguration en 1681. Une série de travaux, menés par Vauban jusqu’en 1694, améliore l’alimentation du canal (voir notamment la « voûte Vauban » aux Cammazes). D’autres perfectionnements sont apportés au fil des siècles, pour faciliter le commerce ou simplement pour entretenir le canal. On peut citer notamment le détournement du canal qui, en 1810, passe enfin au pied de la ville de Carcassonne (à l’origine, les consuls n’avaient pas voulu payer la somme nécessaire au creusement). Dès la mise en service du canal, un service de poste est mis en place. En partant de Toulouse, on faisait étape le deuxième jour à midi à l’écluse de Béteille, qui se trouve sur la commune de Montréal, à moins de 2km du village d’Alzonne. Les bateaux, tirés par des chevaux, mettaient 4 jours pour rallier Toulouse à Sète, le trajet était plus rapide, plus confortable et plus sûr que par la route.

C’est en 1789 que le Canal Royal est renommé Canal du Midi. En 1996, il est classé au patrimoine de l’humanité par l’UNESCO.

Le chemin de fer

Si les Alzonnais s’enthousiasment pour la construction du chemin de fer, qui représente un progrès considérable, le Conseil Municipal tient toutefois, dans une délibération de 1855, à « protester de toutes ses forces contre le projet de station » présenté par les ingénieurs au motif de la « distance considérable » depuis le centre de la commune et de « l’état pitoyable des chemins appelés à la desservir ». Malgré cela, les travaux de construction de la voie ferrée débutent. De nombreux Alzonnais y participent, dont plusieurs femmes. C’est à l’aide de pelles et de pioches que le remblai est élevé. La ligne Toulouse – Cette est inaugurée en 1857.

En janvier 1893, un violent accident a lieu au niveau d’Alzonne : la collision entre les deux trains est relatée dans l’Illustration, célèbre magazine hebdomadaire d’actualité.

De la gare ferroviaire d’Alzonne il ne reste rien aujourd’hui. Le bâtiment que l’on voit sur cette carte postale a été entièrement démoli au début des années 1970, suite à la désaffection progressive entamée dans les années 1960.

En effet les Alzonnais qui se rendaient à pied ou en vélo à la gare ont peu à peu abandonné ce moyen de locomotion, au profit de la voiture individuelle, mais surtout en raison de la concurrence de la ligne de bus qui proposait des trajets réguliers sur Carcassonne, depuis le cœur du village.